jeudi 1 juin 2017

Un bilan de ce blogue

Le mois dernier, ce blogue aura franchi le nombre de 200 000 visionnements de pages. C'est beaucoup plus que je m'y attendais. Je remercie tous et chacun d'entre vous qui lisez fidèlement chaque mois mon billet sur les sujets toujours controversés reliés à l'utilisation de la fracturation hydraulique dans l'exploitation des gisements non conventionnels d'hydrocarbures.

Il est peut-être encore un peu tôt pour écrire que la fracturation hydraulique des shales est chose du passé. Mais par contre, on peut constater que ce n'est plus le futur que plusieurs envisageaient un peu partout dans le monde. Des pays qui avaient amorcé l'exploration et la fracturation de ces couches géologiques sur leur territoire, y ont renoncé les uns après les autres. Le cas récent de l'Algérie marque un heureux virage à 180°. Les conséquences de la fracturation des strates gazières sous les aquifères auraient été tout simplement catastrophiques.

Même dans le dernier bastion pro-gaz en Europe, c'est-à-dire au Royaume-Uni où le gouvernement a autorisé la fracturation hydraulique, une très forte opposition est en train de se mettre en action. Rien n'est moins certain quant au déploiement réel de cette industrie dans ce pays.

La fracturation hydraulique reste bien implantée aux USA. L'élection du président Trump constitue une nette victoire des forces conservatrices opposées à  l'accord de Paris sur le climat. L'industrie américaine des gisements non conventionnels bénéficiera donc encore de quatre autres années avec une protection de l'État. Les impacts négatifs de l'expansion irréfléchie des étendues fracturées au Texas, en Pennsylvanie, au Dakota, etc. vont être camouflées encore quelques années, mais elles ne vont pas disparaitre. Le réveil sera brutal dès qu'on aura passé l'ère Trump: on constatera alors leur ampleur réelle.

Je demeure de plus en plus convaincu que l'exploitation des gisements non conventionnels par la fracturation étendue de vastes territoires constitue le pire choix technique, économique et environnemental jamais fait dans le domaine de l'énergie. C'est une évidence qui a été pressentie comme telle par des mouvements citoyens spontanés partout dans le monde. Ces mobilisations ont  bien souvent tenu en échec les ambitions irréfléchies des promoteurs.

Au Québec parmi les promoteurs, il y a bien sûr dans l'industrie locale d'exploration des hydrocarbures le tout petit noyau des propriétaires de compagnies juniors; ils ont trouvé un appui circonstanciel chez des hauts fonctionnaires du gouvernement. Une partie des acteurs de ce secteur provient justement d'ex-fonctionnaires, passés à l'industrie par le jeu des portes tournantes. Cela nous a valu depuis 2010 des mascarades d'Évaluations Environnementales Stratégiques (ÉES), un table ronde baisée, des rapports d'études complaisants et calqués sur les points de vues des promoteurs, l'octroi de toutes les autorisations demandées pour les forages à Anticosti, mêmes les plus contestables, ainsi que l'injection de fonds publics dans ces projets irréfléchis. Cela nous a aussi valu, hélas, la promulgation d'une loi 106* sur les hydrocarbures et d'un règlement (RPEPqui définit des normes absolument complaisantes pour la fracturation hydraulique
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* L'adoption  de cette loi sous le baillon s'est faite avec la volonté explicite du gouvernement de n'entendre qu'un expert ingénieur-géologue non neutre car lui-même détenteur de brevets de fracturation hydraulique, La commission a même voté pour refuser la proposition d'entendre un autre point de vue d'un autre expert qui lui n'a aucun intérêt financier dans le procédé de fracturation.

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