Vous trouverez avec les onglets en haut de cette page, des liens ordonnés vers mes documents techniques, qui sont également mis en file chronologique ainsi qu'en liste par sujet (dans la colonne de droite sur cette page, plus bas après la liste des pages les plus consultées). L'accès par les onglets offre une présentation différente, qui vise à rendre plus conviviale et plus logique l'accès à ces documents. J'expose dans ces écrits les résultats des analyses que je fais avec une approche totalement indépendante. Il n'y a que la vérité des faits scientifiques qui me motive; je n'ai pas d'intérêts personnels, ni de lien direct ou indirect avec quelque partie liée à ces sujets.
Documents écrits par Marc Durand, Doct-ing* en géologie appliquée et géotechnique, sur le sujet des gisements d'hydrocarbures marginaux exploités de façon non conventionnelle - Un point de vue d'un scientifique indépendant dans l'épineux dossier de la fracturation hydraulique. * Professeur retraité du département des sciences de la Terre et de l'atmosphère, Université du Québec à Montréal.
vendredi 1 janvier 2100
Présentation générale du site
Vous trouverez avec les onglets en haut de cette page, des liens ordonnés vers mes documents techniques, qui sont également mis en file chronologique ainsi qu'en liste par sujet (dans la colonne de droite sur cette page, plus bas après la liste des pages les plus consultées). L'accès par les onglets offre une présentation différente, qui vise à rendre plus conviviale et plus logique l'accès à ces documents. J'expose dans ces écrits les résultats des analyses que je fais avec une approche totalement indépendante. Il n'y a que la vérité des faits scientifiques qui me motive; je n'ai pas d'intérêts personnels, ni de lien direct ou indirect avec quelque partie liée à ces sujets.
samedi 28 mars 2026
Marinvest Energy: un projet à la Northvolt ? ou pire ?
Nos politiciens locaux sont malheureusement bien souvent prêts à donner une écoute attentive pour des projets soumis par des promoteurs externes. On ne devrait pas si automatiquement croire toutes les belles promesses quand il s'agit de promoteurs qui n'ont pas les reins très solides. Marinvest Energy est une jeune entreprise créée à Bergen en Norvège en 2020, une société par actions. Est-ce un peu comme Northvolt qui avait lancé un gros projet d'usine de batterie au Québec, mais qui s'est révélée insolvable; le projet d'usine Northvolt a avorté. J'ai demandé à l'IA si cette nouvelle aventure avec Marinvest Energy peut poser un risque semblable. Voici les infos que l'IA a résumées en quelques points importants.
Marinvest Energy AS n’est pas une grande compagnie énergétique classique (comme Equinor), mais plutôt un développeur de projets énergétiques internationaux, avec un focus sur le LNG et la transition énergétique.
Voici une analyse complète et critique de Marinvest Energy AS basée sur les informations les plus récentes disponibles.
Chiffre d’affaires (estimé)
Aucun chiffre d’affaires public disponible, mais on peut estimer :
Indices concrets
- Entreprise créée en 2020 à Bergen, Norvège Numéro d’enregistrement : 925 067 01
- → phase développement uniquement
- Aucun actif opérationnel connu (pas de terminal construit)
- Activité = développeur de projets, pas un opérateur
- Filiale canadienne : quasi aucun employé (1 seul identifié)
Estimation réaliste
- CA actuel : probablement proche de 0 à quelques millions $ max
- Revenus possibles :
- études de faisabilité
- partenariats / financement
- advisory technique
Donc ce n'est pas une entreprise générant du cash-flow industriel. C'est plutôt une structure “promoteur de mégaprojets”
Projets en cours (connus)
- Projet majeur : Baie-Comeau (Québec)
Le cœur de leur stratégie actuelle
Composantes :
- Usine de liquéfaction de gaz (LNG)
- Terminal maritime d’export
- Pipeline d'environ ~1000 km
- Approvisionnement en gaz de l’Ouest canadien (gaz produit par la fracturation hydraulique)
Taille :
- Jusqu’à ~10 millions de tonnes LNG/an
- Potentiellement 3e plus gros projet LNG au Canada
Statut :
- Très préliminaire :
- pas de dépôt officiel complet
- discussions confidentielles avec Ottawa (NDA)
- consultations autochtones en cours
Autres projets ?
Aucun projet concret confirmé ailleurs
- Pas de projets opérationnels en Europe ou ailleurs
- Aucun terminal LNG construit à ce jour
- Positionnement :
- développeur international
- mais pipeline de projets très opaque
Donc le projet du Québec est leur projet principal (voire unique)
Analyse de crédibilité
Points positifs:
Direction issue du secteur (pipeline, LNG)
Positionnement stratégique cohérent (demande européenne LNG)
Soutien exploratoire :
- discussions fédérales
- intérêt politique local
Signaux de risque importants
1. Structure extrêmement légère, typique des “project developers” sans capacité interne
- Filiale canadienne : 1 employé connu
- Aucun effectif significatif public
2. Absence de capacité financière démontrée
- Aucun chiffre d’affaires
- Aucun financement annoncé
- Aucun partenaire industriel majeur connu
Un projet LNG de cette taille = 10 à 20+ milliards $ - énorme écart entre ambition et moyens
3. Opacité inhabituelle
- NDA avec le gouvernement fédéral
- Très peu d’informations publiques
- Pas de documentation technique accessible
Ce type d'opacité est en fait rare pour un projet d’infrastructure majeur
4. Historique de projets similaires échoués
- Le projet ressemble fortement à :
- GNL Québec (rejeté)
- autres projets LNG annulés
mêmes enjeux :
- environnement
- acceptabilité sociale
- rentabilité
5. Risques réglementaires majeurs
- Opposition politique et environnementale forte
- Enjeux autochtones importants
- Processus d’évaluation non commencé
- probabilité élevée de blocage
Comparaison avec Northvolt (très pertinent)
Tu fais une excellente analogie — mais il y a une différence clé :
|
Facteur |
Northvolt |
Marinvest Energy |
|
Financement |
milliards levés |
❌ inconnu |
|
Partenaires |
VW, Goldman Sachs |
❌ aucun majeur |
|
Revenus |
précommandes batteries |
❌ aucun |
|
Capacité technique |
usine en construction |
❌ aucun actif |
|
Transparence |
élevée |
❌ faible |
Conclusion :
Marinvest est beaucoup plus risqué que Northvolt à ses débuts
Est-ce qu’il y a un risque similaire (voire pire) ?
Oui — et probablement plus élevé.
Raisons clés :
- Entreprise beaucoup plus petite et opaque
- Aucun financement structuré connu
- Projet extrêmement capitalistique
- Acceptabilité sociale très incertaine
- Historique négatif au Québec pour ce type de projet
Verdict final
Marinvest Energy = promoteur de mégaprojet à stade très précoce, avec faible capacité démontrée
Probabilité réaliste (ordre de grandeur) :
- Projet réalisé : faible à modérée
- Retards majeurs : très probable
- Abandon / transformation : probable
Conclusion claire
- Le risque d’un scénario type Northvolt (ou pire) est réel
- Même possiblement plus élevé, car :
- moins structuré
- moins financé
- moins avancé
J'ajoute à cette évaluation une dernière question: il y a des centaines d'installations dans le monde, des terminaux de liquéfaction GNL, répartis dans 25 pays, principalement dans le golfe persique. Comment se fait-il que Marinvest Energy ne soit lié à aucun projet, sauf celui proposé au stade très préliminaire à Baie-Comeau? Si sa technologie est si prometteuse, comment se fait-il que jusqu'ici aucun autre projet récent n'y soit associé?
- En opération en 2024, il y a 90 usines GNL d'une capacité combinée de 490 millions de tonnes/an.
- En construction: 18 projets avec une capacité totale annuelle de plus de 200 millions de tonnes.
- En projet: 150 à 300 projets étudiés dans le passé ou en cours d'étude dans le monde.
Aux États-Unis seulement, il y en a 28. dont 25 proposés pour la courte période 2020-2024. Ils sont donc très nombreux mais il faut dire qu'historiquement moins de 20% des projets sont réalisés. La période actuelle indique une surchauffe, une vague historique dans le nombre d'installations GNL projetées depuis le début de la guerre en Ukraine. Cela amène un risque de surcapacité par rapport à la demande mondiale après 2030; la proportion historique de projets avortés va très probablement passer à une valeur bien plus faible que 20%.
En conclusion, quelle est la probabilité que le projet de Marinvest Energy pour un terminal GNL à Baie Comeau ainsi qu'au gazoduc d'alimentation, se rende à l'étape finale? réponse : probabilité nulle. Mais par contre quelle est la probabilité que Marinvest Energy obtienne un soutien politique (réglementaire, subventions, etc.) pour démarrer les études de ce projet terminal GNL/gazoduc transprovincial? réponse : probabilité non nulle pour principalement deux raisons: le préjugé très favorable du gouvernement Carney à Ottawa pour des projets énergétiques et les tendances actuelles vers un allègement des contraintes environnementales tant à Ottawa qu'à Québec. Il est donc encore possible de voir à nouveau des fonds publics gaspillés inutilement dans des projets d'hydrocarbures qui n'aboutiront qu'à un cul-de-sac.
mercredi 18 mars 2026
Le Québec n'a pas renoncé à de la richesse en renonçant à des gisements non rentables.
Le meilleur puits fracturé (A175 St-Edouard HZ No1) ne pouvait livrer que 4M$ de revenu alors qu'il en coûtait quatre fois plus (12 à 15M$*) pour forer et compléter un forage par la fracturation hydraulique. Talisman Energy et les autres compagnies ont finalement rayé ces puits de leurs actifs, et cela avant même que le BAPE et l'ÉÉS livrent les conclusions de leurs études. La stricte rentabilité commerciale étant impossible à envisager dans le shale d'Utica, aucun investissement privé ne viendra à nouveau y envisager de relancer une exploration déjà faite, encore moins d'investir dans l'optique d'une exploitation éventuelle. Du côté des promoteurs, on a cherché à camoufler cet élément dans le débat. Du côté des opposants, on a mis de l'avant une foule d'arguments dont le manque d'acceptabilité sociale. Les médias ont beaucoup rapporté tout le détail de ces perceptions opposées et le fait objectif de la non rentabilité d'une exploitation de l'Utica est ainsi passée sous le radar.
À l'époque, l'activité d'exploration était largement subventionnée (Ministères + Investissement Québec); sans ces incitatifs, elle n'aurait même pas démarré ici en 2008. Des dizaines de millions de fonds publics sont été perdus dans ces trous.
En réalité, il n'y a eu que des intérêts purement spéculatifs à l'étape de l'exploration. L'État avait initialement distribué des permis d'exploration à des prix ridicules. Comme le gouvernement est actuellement poursuivi pour motif "de privation de profits anticipés", il y a pour les anciens détenteurs de permis un avantage certain à ce que le mythe de l'existence de gisement rentable reste présent dans le discours public et politique.
Le prix actuel du gaz en Amérique du Nord a certes fluctué au cours des années, mais le prix actuel (~3,55U$) n'est que très légèrement supérieur au prix de 2010, en raison principalement de la grande abondance de gaz sur le marché nord américain. On ne pourrait jamais localement exploiter le pseudo potentiel de l'Utica de façon rentable.
_____________________________
* Info que m'a communiquée verbalement à l'époque un des principaux dirigeants des compagnies alors actives dans les Basses-Terres du St-Laurent.
vendredi 23 février 2024
Fuites des puits d'hydrocarbures au Québec
lundi 17 avril 2023
Question de coût
J'ai ajouté une question sur les coûts de gestion des puits aux USA. ChatGPT accepte de donner une estimation assez honnête à cette question:
ChatGPT redonne ce qui existe comme écrits sur les puits abandonnés
Comme c'est le sujet de l'heure, j'ai interrogé l'Intelligence Artificielle de l'heure (CharGPT une version grand public de l'IA). Je sais que ce robot conversationnel a été entrainé avec les millions de pages de textes qui ont été écrits sur un nombre incalculable de sujets. Le robot n'est donc pas un ignorant, même quand on aborde un sujet pointu et très spécialisé.
J'ai voulu vérifier ce qu'il pouvait fournir comme réponse sur la question des fuites des puits d'hydrocarbures. Je dois dire en premier lieu qu'en douze ans dans ce dossier, je n'ai à peu près jamais pu obtenir des réponses sensées, sans faux-fuyants, des rares interlocuteurs spécialistes de l'industrie avec lesquels j'ai pu échanger. Il était manifeste à l'époque que les spécialistes de l'industrie, mes interlocuteurs éventuels, avaient pour consigne de ne pas discuter publiquement de ces questions. J'ai donc été étonné, mais pas complètement surpris, de constater que les questions techniques et les constats d'expert que j'ai fait sur la question de la détérioration des puits abandonnés en fin de production, n'ont jamais été contestés par des experts de l'industrie*.
ChatGPT n'a pas montré ce type de limitations dans la discussion que j'ai engagé. Il a livré un condensé des propos tenus tant par l'industrie que par les autorités qui réglementent cette industrie. Il répète beaucoup qu'avec des bonnes techniques, de la réglementation et de la surveillance, la question des fuites pourra être gérée. Poussé dans ses retranchements par ma dernière question où j'indique que dans la réalité, ces voeux pieux sont rarement appliqués, ChatGPT l'admet et concède qu'il reste beaucoup à faire. Il y a dans cette dernière partie de l'échange des indices que des textes écrits par des environnementalistes ont également été retenus dans l'apprentissage de ChatGPT.
Je vous laisse constater par vous-même la teneur de cet échange:
____________________________
* À l'exception des deux débats techniques auxquels j'ai participé. Hélas ces débats n'étaient pas sur le même terrain: mes opposants s'étant abstenus de véritable discussions techniques. Ils se sont
limités à vanter les bienfaits d'une industrie créant des emplois, etc.


