Le meilleur puits fracturé (A175 St-Edouard HZ No1) ne pouvait livrer que 4M$ de revenu alors qu'il en coûtait quatre fois plus (12 à 15M$*) pour forer et compléter un forage par la fracturation hydraulique. Talisman Energy et les autres compagnies ont finalement rayé ces puits de leurs actifs, et cela avant même que le BAPE et l'ÉÉS livrent les conclusions de leurs études. La stricte rentabilité commerciale étant impossible à envisager dans le shale d'Utica, aucun investissement privé ne viendra à nouveau y envisager une exploitation éventuelle. Du côté des promoteurs, on a cherché à camoufler cet élément dans le débat. Du côté des opposants, on a mis de l'avant une foule d'arguments dont le manque d'acceptabilité sociale. Les médias ont beaucoup rapporté tout le détail de ces perceptions opposées et le fait objectif de la non rentabilité d'une exploitation de l'Utica est ainsi passée sous le radar.
À l'époque, l'activité d'exploration était largement subventionnée (Ministères + Investissement Québec); sans ces incitatifs, elle n'aurait même pas démarré ici en 2008. Des dizaines de millions de fonds publics sont été perdus dans ces trous.
En réalité, il n'y a eu que des intérêts purement spéculatifs à l'étape de l'exploration. L'État avait initialement distribué des permis d'exploration à des prix ridicules. Comme le gouvernement est actuellement poursuivi pour motif "de privation de profits anticipés", il y a pour les anciens détenteurs de permis un avantage certain à ce que le mythe de l'existence de gisement rentable reste présent dans le discours public et politique.
Le prix actuel du gaz en Amérique du Nord a certes fluctué au cours des années, mais le prix actuel (~3,55U$) n'est que très légèrement supérieur au prix de 2010, en raison principalement de la grande abondance de gaz sur le marché nord américain. On ne pourrait jamais localement exploiter le pseudo potentiel de l'Utica de façon rentable.
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* Info qu'on m'a communiquée verbalement à l'époque par un des principaux dirigeant des compagnies alors actives dans les Basses-Terres du St-Laurent.
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